Bonjour à tous,
M-2 avant la fin d’une année passablement méprisée par beaucoup d’entre nous. Certains voudraient être remboursés, d’autres parlent d’une année dans le vide et la plupart n’attendent que le passage à 2021. Comme si la soeur cadette s’annonçait plus clémente que son aînée. Du bout de ma plume digitale, je n’ai pas envie de revenir sur tout ce que 2020 nous a pris/enlevé/privé/etc. Et si on se concentrait plutôt sur ce qu’elle nous a apporté? C’est bien connu, rien n’est jamais tout noir ou blanc (et c’est une métisse qui vous parle).
Rétrospectivement, je dirais que 2020 nous a permis de lâcher prise sur des éléments qu’on croyait aimer maîtriser. À titres d’exemples, j’appelle à la barre les week-ends prolongés, les vacances, le nouvel an, les jeudi/vendredi soir…De quoi je parle? Je répertorie ici les événements récurrents de notre quotidien qui sur le papier sont de belles opportunités de passer des moments agréables, mais qui en réalité sont parfois, voir souvent devenus des pressions sociales, drainées par le besoin, que dis-je la nécessité, voir même l’obligation de faire quelque chose de cool. Pour quelle raison? La peur viscérale (et connectée en permanence aux stories Instagram) de passer à côté de quelque chose. Comme si une alarme retentissait constamment à l’approche de ces échéances et devenait de plus en plus bruyante à mesure que la page blanche de l’agenda restait vide.
Pour le coup, la vie en a décidé autrement! Cette année c’est no makeup day every day et quel soulagement! Ne pas devoir réfléchir et se laisser vivre en faisant toutes ces activités qui prenaient la poussière dans notre échelle des priorités.
Non, je ne vais pas planifier mon réveillon en Thaïlande car…
…pas très COVID-friendly
…en vrai je n’ai pas les moyens
…et je ne rêve que d’une chose : profiter enfin de ce Fatboy assorti à mon tapis que je n’ai jamais testé pour de vrai.
2020 nous a permis de faire appel à des ressources insoupçonnées qui sont pourtant bien présentes. Elle a rendu possible un mode de vie différent. Certes, pas forcément celui qu’on aurait choisi et pourtant, je suis certaine que nous serions tous capable de citer des activités inédites que nous avons inaugurées cette année. Je vous propose d’ailleurs à tous de dresser une liste. Voici un aperçu de la mienne :
- Faire des balades au coeur de la forêt en écoutant le e-book d’Harry Potter (le combo décor et voix d’Hagrid fait son effet)
- Enregistrer des covers avec mon père (lui à la guitare et moi au chant)
- Fêter l’anniversaire de ma maman avec la famille par Skype (et réaliser que tout comme il franchit les frontières, l’amour peut aussi traverser les écrans)
Ce texte est loin d’être une ode à la positivité en temps de crise. Il est certain que l’année 2020 aura été particulière pour nous tous. Néanmoins, elle aura eu le mérite de nous sevrer d’une drogue à laquelle nous sommes tous dépendants : la liberté. Alors que nous pensions qu’elle était un dû à notre quotidien, force est de constater que rien n’est jamais acquis. Leçon de vie ou prix à payer? Tout est une question de point de vue. La qualité de notre vie dépend des questions que l’on se pose. Moins on accueille la dure réalité, plus on en devient esclave. Perso, je n’y tiens pas trop. Peut-être que cette année nous appelle au secours. Faudrait-il la rassurer?
À toi, chère année 2020, ok je t’accepte. Tu as le droit d’exister. Je ne peux pas t’en empêcher. J’aimerais t’apaiser. Si tu es là, c’est pour une raison. Je sais que tu n’as jamais voulu construire cette prison. Je t’ai entendue, n’ai pas peur. Tu n’as pas parlé pour rien.
Tu crains d’avantage de voir quelqu’un rire que de pousser son dernier soupir.
Laisse-moi te prouver que ton calcul manque de recul. Tu es née comme ça et je te prends comme tu es. Je ne veux plus me battre avec toi. Ça ne marche pas. J’ai voulu te haïr, te trahir, te jeter hors de mes souvenirs. Mais c’est pire. Alors, je te laisse une place. Garde-la soigneusement. Tu peux parler, tu peux crier, chanter à tue-tête ton champ d’anxiété, mais tu n’auras pas accès à ma réalité.
Manque de bol tu es dans nos têtes, mais tu n’as pas de silhouette. Or, nous pouvons agir et il est impératif pour toi comme pour nous que tu arrêtes de nous nuire. C’est entre toi et nous. Laisse-nous t’aider et aide-nous à nous rendre meilleurs. Rien n’est figé, tout peut recommencer, mais laisse-nous essayer de voguer vers un semblant de retour à la normalité. Nous pouvons y arriver. Ce n’est pas sûr, mais c’est possible. Alors range ta cible et garde-la pour plus tard, si un jour de vraies raisons se manifestent de partir à l’abattoir.
☞ À bientôt pour une prochaine Little Thought !
❀ Flowerinthecity ❀
